Across the days Webzine culturel

BLACK SWAN

Posté par Louis Lepron, le 10 mars 2011

photo black swan 2009 8 BLACK SWAN

Un mois plus tard, il était temps de dire quelque chose de Black Swan, récompensé aux Oscar en la personne de Natalie Portman. Après les douces méandres de la drogue (Requiem for a Dream, 2000), l’amour atemporel (The Fountain, 2006) et le retour d’un catcheur sur le devant de la scène (The Wrestler, 2008), il était clair que l’introduction de Darren Aronofsky dans le petit monde feutré du ballet, alliée à la présence de Natalie Portman, ne pouvait susciter qu’enthousiasme et attente. Et cela faisait dix ans. Dix ans que le réalisateur d’origine américaine portait ce projet de voir un jour Natalie Portman, encore étudiante à Harvard à cette époque là, incarner les deux facettes schizophrénique de l’héroïne du ballet du Lac des cygnes.

Sur fond de la musique de Tchaïkovski, Nina (Natalie Portman) est une danseuse dirigée par Thomas Leroy (Vincent Cassel) pour le compte d’une prestigieuse compagnie new-yorkaise. Tout son travail tient dans l’espoir de pouvoir un jour tenir le rôle à double face du cygne : à la fois blanc et noir, tour à tour innocent puis tourmenté. Un rôle convoité qu’elle réussira à avoir à la surprise générale. Alors qu’elle n’est qu’une adulte emmitouflée dans une chambre de petite fille pleine de peluches et de couleurs criantes, Nina (ou niña en espagnol) va alors progressivement devoir être confrontée à son double mystérieux, entre transformation physique et actes bien loin de toute innocence enfantine. Un descente aux enfers comme les aime Darren Aronofsky.

Mêlant caméra au poing et mise en scène classique, le réalisateur s’éprend de l’ambiance d’un monde peu connu du grand public en y introduisant sa marque, notamment par des références aux films d’horreur, et réussit à à reproduire, sans trop s’enfoncer dans les clichés, les caractéristiques propres au Ballet d’Opéra. Le choix de prendre Natalie Portman n’en est que plus naturel. Cette dernière, habituée aux rôles de filles et de femmes confrontées à la dure réalité (Léon ; Ma mère, moi et ma mère ; Closer), trouve enfin dans ce rôle titre l’occasion de délivrer tout son talent sans aucune fausse note. En effet, alors que scénario pouvait tomber dans le grandiloquent et l’absurde tant le film préfère les sensations aux émotions, Darren Aronofsky donne au scénario une force et une tension tout au long des 1h43 du film.

Un lien intéressant sur le cas Black Swan, ici même.

Like 3 BLACK SWAN


8 commentaires

  1. Fake Rebel dit :

    Pas d’accord quand tu dis qu’il évite les clichés.

    Nina Sayers incarne tous les clichés de la danseuse, je trouve. La relation avec la mère, le rapport sexuel au prof, l’incarnation problématique du personnage, tout ça, en une seule personne.

    Sauf que c’est ça que je trouve formidable dans ce film. C’est un film où tout est trop, mais c’est ce qui lui donne sa force, à mon humble avis.

    Voilà voilà, sinon ravi de voir que tu fais ton comeback mon cher !

    • En un sens il évident qu’il égrène les clichés des danseuses qui n’en sont pas car ils sont réels. Je sais pas si t’as lu les quelques réactions de danseuses étoiles mais le cliché Nina Sayers était criant de vérité : la petite chambre comme en enfance, le chorégraphe pouvant être très dur, etc.

      Donc on ne parle même plus de cliché mais bien de la réalité ! Après c’est clair que le réalisateur n’y va pas par quatre chemin pour les y représenter … chambre de poupées, chorégraphe évidemment français et rustre (même si au départ, c’était un Russe qui aurait dû être pris, ..).

      Ravi aussi !

      • Fake Rebel dit :

        Hihi c’est marrant que tu dises ça parce que c’est justement une danseuse étoile (Les Grand Ballets Canadiens de Montréal, ça déconne pas te dis-je) qui m’a fait remarquer l’accumulation de clichés, jusqu’au trop-plein. Bon cela dit j’ai adoré le film, mais c’est juste que tu peux pas vraiment dire qu’il « épargne les clichés » puisqu’il se base dessus. D’un autre côté il est clair que ces clichés se basent sur la réalité.

  2. keido dit :

    De prime abord, le personnage de Nina est vraiment lourd et presque surfait (je pense par exemple à la chambre avec les peluches etc, comme si on n’avait pas compris que c’est une grande enfant) et les autres personnages clés ne brillent pas non plus par la subtilité de leur personnalité. Mais c’est justement ce qui rend par la suite la métamorphose de Nina encore plus jouissive: clichés ou pas, ce que j’ai adoré dans ce film (en plus de l’esthétique et des petites frayeurs) c’est de voir comment petit à petit la personnalité de la petite ballerine sensible se transforme/affronte celle du cygne noir

  3. [...] au tout début de 2011, c’est “Black Swan” qui fut le premier essai d’une année sous le signe des rôles bouleversés. Danseuse [...]

  4. [...] au tout début de 2011, c’est “Black Swan” qui fut le premier essai d’une année sous le signe des rôles bouleversés. Danseuse [...]


Commenter