Across the days Webzine culturel

L'ATTRAPE-COUILLON

Posté par Louis Lepron, le 6 avril 2010

the blind side 2092 75358848 L'ATTRAPE COUILLON

J’ai regardé The Blind Side avant hier soir. Une non-envie de commenter ce film m’a submergée lorsque le générique apparut. En gros, ça ne me disait strictement rien d’en faire tout un article pour rien sur Across The Days en ressortissant des lieux communs tels que : « film ricains navrant, happy-end navrant, acteurs navrants, histoire navrante, etc ». Mais par chance, ou par malheur, j’étais en train de lire pas plus tard qu’hier L’Attrape Coeur de J.D Salinger quand je suis tombé sur le long paragraphe dans lequel le personnage principal critique un film qu’il vient de voir lors de son trip à New-York après s’être échappé de Pencey, son école. Alors j’ai décidé d’utiliser le début, la fin (le troisième paragraphe en entier) et de coudre à l’intérieur autour de l’image que m’a laissé The Blind Side – un goût relativement amer – en essayant de coller au ton de l’auteur  décédé il y a peu, sans essayer d’être à sa hauteur car, oui, c’était peine perdue d’avance. L’oscar ne fait pas le film.

openingcover L'ATTRAPE COUILLON

« Fallait que je tue le temps jusqu’à dix heures. Aussi ce que j’ai fait, je me suis payé un ciné à Radio-City. C’était probablement la pire chose à faire y avait pas loin à aller et je trouvais rien d’autre qui m’aurait tenté. [...]

Lorsque le machin de Noel a été terminé le foutu film a commencé. C’était tellement putride que je pouvais pas en détacher mes yeux. Ca parlait de ce noir, Mike quelque chose, qui une fois arrivée dans une école de blancs grâce à la charité chrétienne ne comprenait rien à rien. Il a pas beaucoup de quotient intellectuel, fait mine de pas écouter en classe et a un air, ouah, du genre sans savoir ce qui il est. Bicause son intelligence les professeurs supposent. En fait il a peut être pas inventé l’eau chaude mais au vu de sa masse corporelle il pourrait défoncer une équipe de football américain rempli d’américains en levant le petit doigt. Il rencontre alors un chouette mec pas plus haut qu’une pomme qui lui conseille quelques trucs, quelques approches mais on comprend pas trop qu’est ce que  ce petit gamin fait dans l’histoire. Il s’avère que la mère du gamin est tout ce qu’il y a, vous allez me dire, de plus stéréotypé : blonde, MILF, républicaine avec des lunettes de soleil. En gros une Sarah Palin qui se serait enfuie de l’Alaska pour la Californie et qui serait passé chez le coiffeur avec une pointe de bistouri pour la forme. Le bon dieu a fait qu’en rentrant un soir, Big Mike est obligé de monter dans la voiture de la Sarah Palin à cause d’un temps qui ferait même pas sortir un chien errant s’il voulait encore se servir de ses pattes pour courir dans le parc avec son maître;  et ensuite c’est à partir de là qu’il habite chez eux et qu’il devient membre à part entière de la famille. Evidemment c’est l’entente parfaite. J’en aurais vomi. Bon, évidemment aussi le Big Mike qui veut pas se faire appeler Big Mike mais Mike doit réussir à l’école pour entrer dans l’équipe de football américain de l’école qui doit être une sorte de rêve de gosse pour lui – et pour tout américain assez con, lui qui vient d’un quartier de l’est de la ville appelé « Hurt Village ». Heureusement que les scénaristes ont bossé dur pour trouver le nom du quartier car ils sont allés loin pour nommer un quartier de pauvres sans même y aller. Genre de truc d’Hollywood que je déteste : ils refourguent des histoires pour faire chialer la ménagère en racontant l’histoire d’un jeune provenant d’un district qu’ils auraient jamais de leur vie approché à plus de 100 mètres. Pouah. Je comprends toujours pas ce que mon frère D.B est allé foutre à Hollywood avec le talent d’écrivain qu’il a. Bref. Alors Big Mike il doit remonter ses notes et tombe évidemment sur une démocrate ce qui fait qu’au final on a droit à un tableau du rêve américain avec : un noir pauvre, des blancs riches et républicains, une professeur blanche démocrate qui réussit à lui faire remonter ses notes pour qu’il arrive dans l’équipe de foot américaine. La scène où la professeur blanche démocrate avoue  à Sarah Palin qu’elle est démocrate est à vomir, sincèrement. C’est alors que Big Mike a un peu de mal à s’intégrer dans l’équipe bicause il comprend rien aux règles mais hop, un jour, sa mère adoptive  arrive à la rescousse et prend la place d’un entraîneur archétype de l’idiot-timide  et tout qui se fait marcher les pieds par une républicaine blonde et bienr roulée matée par toute l’équipe de foot. La cerise sur le gâteau pour que le rêve américain finisse en apothéose c’est lorsque Mike réussit à attirer comme des mouches toutes les universités qu’il veut.  En fait, à chaque match, le gros Mike pense que son équipe de football c’est sa famille donc qu’il doit la défendre. Et puis … et puis non. Je vous dirais bien le reste de l’histoire mais j’ai peur de vomir. C’est pas que je craigne de la gâcher ou quoi. Putain, y a rien à gâcher. En tout cas à la fin, le pauvre noir arrive dans une grande université américaine que voulait ses parents blancs et républicains et tout le monde finit par pleurer surtout Sarah Palin. Ca se termine quand toute la famille est réunie mais la mère veut pas dire aurevoir donc Big Mike va la chercher ce qui s’en suit un câlin digne d’un happy end à faire pleurer les chouineuses. En conclusion ce que je peux dire c’est n’allez pas voir le film si vous voulez pas vous vomir dessus.

Ce qui m’a tué c’est qu’il y avait une dame assise à côté de moi qu’a pleuré tout le temps. Plus c’était bidon plus elle pleurait. On aurait pu penser que ça voulait dire qu’elle avait le coeur tendre mais j’étais à côté d’elle et j’ai bien vu que c’était pas le cas. Elle avait avec elle ce petit gosse qui s’ennuyait à mourir et qui demandait à faire pipi mais il était pas question qu’elle l’emmène, elle arrêtait pas de lui chuchoter de se tenir tranquille. Pas plus de coeur qu’un loup affamé. Les gens qui pleurent à s’en fondre les yeux en regardant un film à la guimauve, neuf fois sur dix ils ont pas de coeur. Sans rire. »


6 commentaires

  1. g00gleur dit :

    « Brilliant » – The FR Times

    « Mind-blowing ! » – Fake Rebel Magazine

    « Funny, well-written and so true ! » – Fake Rebel

    ;)

    Non plus sérieusement, toutes mes félicitations ! La traduction française étant de toute façon pas terrible tu ne risquais pas grand chose, et t’as tout gagné :)

  2. Harguile dit :

    Jolie figure de style…très belle critique du film au final. Ca rafraichit un peu l’exercice, c’est une très bonne idée mec!

    Mais y’a un truc qui me chiffonne : t’as pas parlé du chien!?

    Bha oui, y’a toujours un chien dans ce genre de scenar américain avec des américains cools dedans aimant d’autres américains cools (genre La guerre des mondes, y’a un chien, alors là y’en a forcément un). Ca devrait être un golden retriever ou un labardor. Les labrador, ça fait chialer. C’est le dauphin de l’hydrophobique le labrador!

    Sur l’échelle du film à chialeuse si y’a pas de clebs, ça veut dire qu’une chose : le film aurait pu être pire.

    Bon sur ce je vais aller vomir des bons sentiments en écoutant du Maria Carey^^

    • acrossthedays dit :

      Je suis désolé mais je vais devoir t’apprendre une bien triste nouvelle : dans ce film, il n’y a pas de chiens.

      Je pense qu’il y avait des mecs conseillers en communication pour l’écriture du scénarion sortant tout droit d’Harvad. Charles a essayé de fourguer le chien dans le scénar’ mais Georges a tout de suite répliqué « trop c’est trop. On rajoute le chien, on aura pas d’Oscar ».

      Un chien aurait été souhaitable pour encore plus enfoncer ce film il est vrai !

      Merci pour ta critique en tout cas !

  3. Missy D Portgas dit :

    Super article. Tu me confortes dans ma décision de ne pas aller voir ce film.

  4. [...] de Titiou Lecoq paru sur Slate.fr, j’ai décidé d’essayer d’écrire à la Marc Levy. Entre J.D et Marc, il y a un monde, mais je suis bien amusé. [...]


Commenter